Le Round’up

Le Roundup
Le Roundup

Le Roundup, l’herbicide total de Monsanto.

Le Roundup est un herbicide total et non sélectif produit par la compagnie Monsanto et dont la substance active principale est le glyphosate. Ce dernier est un herbicide dérivé d’un acide aminé (la glycine) découvert et breveté par les chimistes de Monsanto en 1969.
Le Roundup, commercialisé à partir de 1975, a un principe actif qui permet l’extermination totale de toutes les plantes aspergées. En cas d’épandage de Roundup sur une plante, celle-ci va absorber le produit chimique au niveau des feuilles qui va ensuite passer dans la sève de la plante et entraîner une contamination générale de l’organisme. Le glyphosate va ensuite se concentrer au niveau des racines et perturber la production de chlorophylle et d’hormones de croissance de la plante, entraînant une nécrose des tissus végétaux conduisant à la mort de la plante.

La France, 3ème consommateur au monde de pesticides.

Les pesticides, baptisés « produits phytosanitaires », recouvrent trois catégories : les fongicides (pour lutter contre les champignons), les insecticides (pour venir à bout des parasites) et les herbicides (pour éliminer les concurrentes herbacées des cultures). Ces produits chimiques servant tous à l’éradication d’organismes vivant, ils sont nécessairement toxiques et doivent par conséquent être soumis à une autorisation de mise sur le marché vérifiant le degré de toxicité pour l’homme et son environnement. La France est le troisième utilisateur mondial de pesticides (après les États-Unis et le Japon), avec 100 000 tonnes vendues chaque année, dont 40 % d’herbicides, 30 % de fongicides et 30 % d’insecticides.

L’homologation en question.

On estime que 550 matières actives et 2 700 formulations commerciales sont actuellement homologuées et utilisées sur le territoire français. Cette homologation est soumise à toute une batterie de tests visant à prouver l’efficacité et l’innocuité du pesticide pour l’homme, les animaux et l’environnement. Pour chaque pesticide est établi une « dossier toxicologique », produit à partir de diverses études réaliser sur des rats afin de déterminer des données comme la dose létale, ou encore étudier sur le long terme les effets d’une exposition répétée au pesticide. Enfin, des tests doivent vérifier si le produit présente un « potentiel oncogénique » (cancérigène), « tératogène » (capable de provoquer des malformations congénitales) ou « mutagène » (capable de modifier de manière permanente et transmissible l’ADN des sujets exposés), trois caractéristiques toxiques que l’on retrouve dans l’herbicide 2,4,5-T, aussi connu sous le nom d’Agent Orange.

Ces tests semblent assurer une certaine garantie quant à la sécurité des pesticides qui obtiennent l’homologation, mais le bât blesse lorsque l’on apprend que toutes ces études toxicologiques sont menées non pas dans des laboratoires étatiques, mais par dans les laboratoires des firmes demandeuses de l’homologation, ce qui peut avoir des conséquences sur l’impartialité des résultats…
Le système d’homologation de l’EPA au Etats-Unis a été partiellement discrédité à la fin des années 80 à la suite de plusieurs affaires d’études frauduleuses fournies par des laboratoires indépendants, notamment concernant des processus d’homologation de pesticides, dont le Roundup. Cependant les processus d’homologation européens des pesticides sont largement semblables à celui de l’EPA, notamment celui de la France. En effet tous ces Etats laissent au soin des producteurs de mener les études toxicologiques sur leur pesticide pour en soumettre les résultats aux autorités et obtenir l’homologation de leur produit. Lesdites données sont ensuite examinées par des experts de la commission d’homologation qui donnent leur avis sur le produit, bien souvent les études ne sont pas reprises et les « experts » se contentent de résumés , une faiblesse du système qui ouvre des possibilités de fraude.

De plus dans le cas du Roundup, une défaillance du système est à pointer car les tests de toxicologie du produit, réalisés par Monsanto, ont porté uniquement sur le principe actif de l’herbicide c’est-à-dire le glyphosate et non pas sur l’ensemble de la composition chimique du produit. Or chaque pesticide est constitué d’une « matière active » — dans le cas du Roundup, il s’agit du glyphosate — et de nombreux adjuvants, encore appelés « substances inertes », comme les solvants, dispersants, émulateurs et surfactants, dont le but est d’améliorer les propriétés physicochimiques et l’efficacité biologique des matières actives, et qui n’ont pas d’activité pesticide propre. C’est ainsi que les différents produits de la gamme Roundup sont constitués de 14,5 % à 75 % de sels de glyphosate, le reste de la formulation comptant une douzaine d’adjuvants principaux dont la composition est souvent gardée secrète. Le rôle de ces adjuvants est de permettre la pénétration du glyphosate dans la plante, comme le polyoxyéthylène (POEA), un détergent qui favorise la propagation des gouttelettes pulvérisées sur les feuilles . Le Roundup n’est donc pas seulement du glyphosate mais une composition chimique plus complexe, dont l’étude toxicologique n’a pas été réalisée et l’innocuité avérée. De fait une série d’études scientifiques récentes tendent à penser que le Roundup pourrait être un agent cancérigène pour l’Homme.

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